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En Languedoc, une cellule à votre écoute ....

Le suicide chez les agriculteurs, en parler et agir !

Mis à jour le 01/12/2015

Difficultés professionnelles ou personnelles, isolement, problèmes sociaux, familiaux ou de santé, difficultés économiques, difficulté d'adaptation face au changement, incertitude face à l'avenir… les sources du stress, du mal-être et de la souffrance dans le milieu du travail sont nombreuses. Ces dernières années le phénomène a pris de l'ampleur et n'épargne aucun secteur d'activité, y compris le milieu agricole. Les risques psychosociaux, la MSA en parle à travers des réunions d'information auprès des élus, des journées de formation, des témoignages... la MSA réagit en formant son personnel à la détection de la souffrance... la MSA agit avec la mise en place d'une cellule pluridisciplinaire d'accompagnement du mal être et du risque suicidaire.

Selon l'Institut national de veille sanitaire (INVS), le monde agricole compte 400 suicides par an. Et pourtant, le suicide est évitable. C'est pourquoi le risque psychosocial est un enjeu fort des services de Santé et Sécurité au travail (SST) de la MSA et plus particulièrement la prévention du risque suicidaire. Un groupe de travail, rassemblant des compétences de différents services et institutions, a été mis en place pour réfléchir sur le sujet, poser un diagnostic et proposer des pistes d'actions. Il rassemble l'Agence Régionale de Santé (ARS), la Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail (CARSAT), les MSA Grand Sud et Languedoc, les CHU de Nîmes et Montpellier.
 

Un bon diagnostic pour une aide adaptée


Pour prévenir le risque suicidaire, il faut commencer par le repérer. Un état des lieux a donc été réalisé à l'aide d'une enquête pour évaluer le niveau de tension au travail des salariés et exploitants agricoles. Ce diagnostic permet de dégager des typologies de population en souffrance et vise à améliorer l'analyse des données concernant le stress au travail et l'état d'anxiété dépression dans le milieu agricole. 5000 exploitants et salariés agricoles du Languedoc-Roussillon ont ainsi été questionnés sur leurs conditions de travail.
Cette enquête a mis en exergue les difficultés au travail des salariés de la filière arboricole et dans les postes de production. Le niveau d'anxiété dépression est associé à l'état de tension au travail, de façon plus nette dans l'Aude et l'Hérault où la filière viticole a subi de profonds bouleversements. Ces effets semblent d'autant plus importants que la situation financière des salariés est plus difficile. Chez les exploitants, l'isolement associé à un faible niveau de formation et à de faibles revenus pourraient expliquer une plus grande tension au travail et jouer un rôle également dans le niveau d'anxiété dépression qui est plus élevé que chez les salariés.
 

Des formations pour détecter les signes d'alerte


Aider c'est repérer le plus tôt possible les signes de mal être qui peuvent conduire à un acte suicidaire. Dialoguer, échanger et proposer un accompagnement adapté, permet de réduire les risques psychosociaux (RPS). Mais avant tout il faut repérer les signaux d'alerte, car ils sont souvent difficiles à identifier. C'est pourquoi des formations sont dispensées aux personnes en contact avec le terrain et côtoyant la réalité du monde agricole. C'est donc plus de 90 personnes formées, travailleurs sociaux, conseillers en prévention,animateurs de l'échelon local, médecins du travail, médecins conseils... , des élus sensibilisés, des organismes professionnels agricoles concernés pour savoir comment aborder ces personnes en difficulté. Elles seront plus à même de les orienter vers la cellule de prévention mise en place par la MSA. Tout le monde a donc  son rôle à jouer, élus de la MSA, partenaires, dans la détection du mal-être. "Vous tous, devez devenir des sentinelles en capacité de détecter ces cas de souffrance", a exprimé Jean-Marie Passarieu lors d'une de ces réunions d'information auprès des élus et des organismes professionnels agricoles présents.

 

Étape action : la cellule d'accompagnement du mal être et de prévention du suicide


Dès lors qu'on détecte la personne, c'est déjà un premier pas. C'est une réelle démarche de prévention. D'où la création d'une structure souple et réactive. Cette cellule fonctionne dans le cadre d'une collaboration pluridisciplinaire au sein de la MSA du Languedoc avec l'aide d'un psychologue extérieur. Pratiquement, dès qu'on a connaissance qu'un exploitant ou un salarié agricole est en difficulté en Languedoc, on l'informe de l'existence de cette cellule d'aide et lui communique le numéro 04 67 34 84 20, ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30. La personne qui appelle est prise en charge par un membre du personnel formé à l'écoute. En cas d'urgence, des mesures de sauvegarde sont prises immédiatement sinon, avec son accord, la personne en difficulté est rappelée par un travailleur social, un médecin ou un psychologue pour une évaluation de la situation pour ensuite être intégrée à la cellule. Madame Christine ABBAL, pilote de la cellule,  a en charge cette cellule composée d'un chargé de prévention en santé, d'un médecin du travail, d'un psychologue et/ou psychiatre, d'un responsable du secteur social.
 Elle permet d'orienter si nécessaire la personne en détresse vers un accompagnement médical, psychologique, social ou professionnel. Elle existe pour détecter des cas de souffrance et éviter d'en arriver au drame : plus on discutera, plus on sauvera des vies. Pour Olivier Gibelin, Président de la MSA du Languedoc, "c'est un signe de prévention dans un champ qui ne nous est pas habituel, pour beaucoup d'entre nous. C'est une contribution à l'œuvre sociale que nous menons en tant que régime de protection sociale."

Afin de couvrir la plage horaire qu'elle ne pouvait pas couvrir elle-même, la MSA du Languedoc s'est associée à la structure nationale "Suicide Écoute", ouverte 24h/24, 7j/7, au 01 45 39 40 00.

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